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Conséquences de la COVID-19 : Étude de l’impact des taux d’intérêt négatifs

La crise économique découlant de la COVID-19 a eu plusieurs répercussions sur plusieurs secteurs de l’économie. Une des incidences les plus importantes a été l’intervention massive des banques centrales de plusieurs pays visant à injecter des liquidités dans le système financier et à réduire les taux d’intérêt. Cette étude évalue l’impact d’une politique de taux d’intérêt nominaux négatifs (ou très bas) sur la performance économique des institutions bancaires. 

Nos principaux constats peuvent se résumer comme suit. Premièrement, l’impact d’une politique de taux d’intérêt négatifs sur la performance économique d’une institution bancaire dépend de son modèle d’affaires. Les institutions jouant un rôle plus traditionnel d’intermédiaire financier (prise de dépôts, activités de prêt) sont davantage affectées que celles ayant un modèle davantage orienté vers la gestion de patrimoine et l’offre de services financiers moins traditionnels. Deuxièmement, nos constats diffèrent des résultats rapportés dans d’autres études. Ainsi, dans les pays ayant des politiques monétaires de bas taux d’intérêt, les marges nettes d’intérêt (ou marge bénéficiaire sur l’activité d’intermédiation) des institutions bancaires ne sont pas toujours réduites. Dans plusieurs cas, les institutions financières ajustent leur taux sur les prêts pour maintenir leur marge malgré la baisse générale des taux. Dans la mesure où, en pratique, il y a un taux plancher de 0% offert sur les dépôts, une politique de taux d’intérêt négatif ne se répercute pas nécessairement sur les taux d’emprunt. L’impact sur la rentabilité est cependant fonction du contexte social et institutionnel. Néanmoins, au Japon, cette réduction des marges a entraîné une forte baisse de la rentabilité, les banques japonaises n’ayant pas significativement amélioré leur productivité. En revanche, en Scandinavie, il semble que les banques ont réagi à la baisse des taux d’intérêt en trouvant d’autres sources de revenus et en réduisant leurs coûts d’exploitation de manière radicale. Ces mesures leur ont permis de limiter les dommages sur leur rentabilité de la baisse des taux d’intérêt. Troisièmement, la majorité des institutions financières ont fortement amélioré leur efficience opérationnelle au cours des dernières années.

Enfin, bien que la rentabilité des institutions financières se soit améliorée au cours des dernières années, elle se situe en deçà du rendement de la décennie précédente. Les institutions financières japonaises affichent une faible rentabilité alors que les banques canadiennes trônent au sommet. Les modèles d’affaires semblent déterminants pour expliquer la performance au cours des dernières années.

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